Pourquoi c'est déterminant
En simultanée, l'interprète dispose de deux à trois secondes pour comprendre et restituer. S'il connaît déjà le terme, il l'emploie sans effort. S'il le découvre, il hésite une demi-seconde — et cette demi-seconde lui fait manquer la phrase suivante.
Un interprète bien préparé est un interprète qui anticipe. C'est la différence la plus visible entre une interprétation fluide et une interprétation laborieuse, davantage que le niveau du professionnel lui-même.
Ce qu'il faut transmettre, par ordre d'utilité
1. Les noms propres. Intervenants avec leur fonction et leur affiliation, noms de vos dirigeants, de vos sites, de vos filiales. Un nom mal prononcé ou approximatif est immédiatement perçu comme un manque de professionnalisme.
2. Les acronymes et sigles internes. Ce sont les plus problématiques, parce qu'ils sont invisibles pour un extérieur. Votre « COPIL PDR » ou votre « procédure QSE-3 » n'évoquent rien pour personne hors de votre organisation.
3. Les diapositives. Même en version provisoire. Elles donnent la structure, les chiffres et le vocabulaire.
4. Le programme détaillé. Avec les horaires et l'ordre des intervenants.
5. Les termes à ne pas traduire. Noms de produits, de méthodes, de marques. Un interprète qui traduit le nom de votre gamme crée une confusion.
6. Les documents de contexte. Rapport annuel, communiqué précédent, compte rendu de la réunion précédente.
Sous quel format
Le plus simple est le mieux. Un tableau à deux ou trois colonnes suffit largement :
| Terme français | Équivalent souhaité | Remarque |
|---|---|---|
| Comité de pilotage produit | Product Steering Committee | Toujours abrégé « COPIL » en interne |
| Gamme Aurora | Aurora | Ne pas traduire |
| Direction QSE | HSE Department |
Un fichier Excel, un document Word, ou même un simple e-mail : peu importe. Ce qui compte, c'est le contenu, pas la mise en forme.
Quand le transmettre
| Document | Délai idéal |
|---|---|
| Programme et liste d'intervenants | J-15 |
| Glossaire et acronymes | J-10 |
| Diapositives, même provisoires | J-7 |
| Versions finales des supports | J-2 |
| Discours écrits | dès que disponible |
Recevoir les diapositives la veille au soir n'est pas inutile — c'est mieux que rien — mais l'interprète n'aura pas le temps de faire les recherches terminologiques nécessaires.
La confidentialité n'est pas un obstacle
C'est la réticence la plus fréquente, et elle est légitime. Trois éléments de réponse.
Les interprètes sont tenus au secret professionnel, sans limite de durée. C'est une obligation déontologique centrale du métier.
Nous signons tout accord de confidentialité spécifique, y compris individuellement par chaque interprète.
Nous pouvons organiser une transmission par canal sécurisé et une suppression des documents après la mission.
En pratique, un interprète qui a lu vos documents confidentiels les restitue de toute façon oralement pendant l'événement : le refus de transmettre n'apporte aucune protection réelle.
Le cas de l'IA
Si vous utilisez une solution de sous-titrage automatique, le glossaire est encore plus déterminant : c'est lui qui permet au système de reconnaître correctement vos noms propres au lieu de les déformer phonétiquement. Le gain est immédiatement visible à l'écran.


